Gagner la guerre par Jean-Philippe Jaworski

jeu. 18 octobre 2012 par MaNDRaXe

Il n'est pas toujours facile de lire des choses qui vous surprennent. En général cela arrive quand on lit un livre à propos duquel l'on avait un préjugé, ou lorsque l'on explore des territoires inconnus. Comme je n'aime pas faire les choses contre mon gré, je préfère explorer des territoires inconnus.

C'est comme ça que parti sans aucun livre en vacances, j'ai fait l'acquisition du premier roman de Jean-Philippe Jaworski : "Gagner la guerre". N'ayant jamais entendu parler de cet auteur ni de ce livre, je me suis retrouvé en territoire inconnu. Petite cause, grands effets, j'ai ouvert un blog pour pouvoir en parler !

Jean-Philippe Jaworski a fait ses armes dans le monde du jeu de rôle. On pourra me dire ce que l'on veut, je suis convaincu qu'il s'agit là d'une formidable école de l'imaginaire et de la rigueur. Son premier roman n'est pas un coup d'essai [1], mais c'est un coup de maître.

Une République "à la romaine", un sénat composé de 3 factions, un podestat élu par la joyeuse assemblée pour diriger la République et Gusefal Benvenuto maître assassin et espion dudit podestat qui règle les problèmes épineux que le jeu politique de son employeur ne manque de créer. Prenez ces ingrédients, faites les mélanger dans un creuset de talent par un orfèvre, vous obtenez "Gagner la guerre".

Ecrit à la première personne, ce livre est un récit confession de Gusefal Benvenuto sur ses activités au service du podestat élu à la tête de la cité-état de Ciudalia par une assemblée de "nobles" sénateurs. Basé sur des intrigues politiques, le récit les aborde du point de vu d'un homme de main faisant le sale boulot et baignant donc dans l'action. Outre l'univers particulièrement riche et cohérent et l'intrigue passionnante, ce qui fait de ce livre une telle réussite est le style appliqué à la personnalité du "héros" et la rigueur de l'écriture à la première personne. Gusefal est plein de gouaille, extrêmement cynique, amoral et conscient de ce qu'il est, cela offre un récit à la fois très enlevé et jubilatoire dans la forme, mais subtil et sans concession sur le fond. Ecouter Gusefal Benvenuto raconter les pires horreurs est un réel bonheur.

J'ai mis longtemps à accepter l'idée de publier un billet aussi positifs. J'ai lu ce livre il y a plus d'un an et j'ai décidé à l'époque d'ouvrir ce blog pour y écrire un billet sur ce livre tant je voulais partager mon enthousiasme. Puis j'ai repoussé la publication de cette critique car tout ce que j'écrivais me semblait exagérément élogieux. J'ai donc laissé décanter la lecture et retomber l'enthousiasme de la réaction à chaud. Plusieurs mois plus tard j'ai lu la première nouvelle de Juana Vera et dès les premières pages tout m'est revenu en mémoire avec jubilation. J'ai donc décidé que ce livre et cet auteur méritaient réellement un billet si enthousiaste et élogieux. Donc peu importe si je passe pour une midinette hystérique, Jean-phi il a écrit un bouquin trop super chouette et si vous le lisez pas, ben vous êtes trop nuls !


Message subliminal caché : Lisez ce livre, je vous l'ordonne !


Points positifs:
  • Le style haut en couleurs
  • La rigueur du style narratif
  • La richesse de l'univers et des personnages
Points négatifs:
  • Parce qu'il faut bien dire quelquechose : la parenthèse provinciale un peu étrange (vous comprendrez après avoir lu, mais que cela ne vous arrête surtout pas, c'est juste que le changement d'atmosphère est un peu déroutant :-) )
  • La peur d'être déçu par les futurs romans de Jean-Philippe Jaworski

Evaluation 5/5


[1]: Recueil de nouvelles édité précédemment intitulé Juana Vera

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